L'INSTITUT BENJAMENTA

Un jeune homme, Jacob Von Gunten, intègre une école pour devenir serviteur. Auréolé d’une prestigieuse réputation et d’un glorieux passé, l’institut Benjamenta semble aujourd’hui sur le déclin, comme atteint d’un mal mystérieux.

Les professeurs sont endormis et les élèves répètent leurs exercices comme des automates. Les pensionnaires disparaissent, quittant un à un l’institut. Cette école est dirigée par M. Benjamenta, colosse mystérieux, autoritaire et effrayant, et par sa jeune soeur, Mlle Benjamenta qui exerce une grande fascination sur les élèves.

Avec ses camarades de classe Jacob va faire l’apprentissage de son métier de serviteur, entre abnégation et révolte. Mais il n’a de cesse de vouloir comprendre le mal qui ronge les lieux et ses habitants. Comme un espion, il guette, fouille et tente de percer les secrets de l’institut. Il vient faire le rapport de ce qu’il a vu, vécu et compris et fait état de sa propre mutation, de ce que cette non-éducation opère comme changements en lui. Il se considère plus intelligent, plus sensible que les autres élèves et en tire une supériorité. Mais il admire ses camarades, leur abnégation, leur soumission qui fait d’eux des héros à qui il voudrait ressembler : vouloir ne plus rien vouloir, ne plus rien attendre. « Devenir un parfait zéro ». Il subit autant qu’il aime cet emprisonnement mental.

L’institut est comme une machine à fabriquer des serviteurs et à tuer les individualités pour faire de ces jeunes garçons des soldats dont la servilité sera absolue.

Ecrit en chapitres, dans la forme courte que développera Walser, le récit est entrecoupé d’ellipses, créant une temporalité énigmatique et laissant à l’imaginaire une place de choix.

Les personnages

Monsieur B. a tout de l’ogre des contes de Grimm ou d’Anderson. Directeur de cet institut, il incarne une figure paternelle ambiguë tour à tour violent, mystérieux ou étrangement tendre.
Mlle B. incarne la fée des contes. Seule figure féminine, elle est la soeur, la mère dont la bonté et la douceur viennent créer le contrepoint de son frère.
Les professeurs, absents ou endormis, contribuent à créer une ambiance d’irréalité.

Les camarades, Pierre, Fritz, Shultz, Fuchs, Kraus, Hans, Tremala, Schilinski et Schacht sont les frères, ceux à qui on veut ressembler et dont on veut s’émanciper.

C’est dans ce schéma, avec ces figures, maternelle, paternelle, et cette fratrie que se construit le jeune Jacob.

« À une époque où tout est dit, expliqué, montré, je voudrais travailler ici encore une fois sur le mystère, le non-dit, ce qui se dérobe, se cache, s’aperçoit ou se devine : considérer le hors-champ comme le lieu du drame. » – Frédéric Garbe

L’ Autre compagnie

d’après Robert Walser
mise en scène Frédéric Garbe
jeu Guillaume Mika
sculpture papier, collaboration artistique, scénographique et vidéo Pauline Léonet
musique Vincent Hours
création lumière/régie générale Jean-Louis Barletta
création vidéo Caillou M. Varlet
construction décors Ivan Mathis
traduction Marthe Robert

Production L’autre Compagnie

Coproductions Scène Nationale Liberté-Châteauvallon, Scène 55 de Mougins, Fonds de coproduction mutualisée du réseau Traverses.

Spectacle accueilli en résidence au Liberté, scène nationale dans le cadre du dispositif «Plateaux Solidaires» d’ARSUD, à la Scène 55 de Mougins, au Théâtre Marélios de La Valette-du-Var, au Théâtre des Halles d’Avignon et par LE PÔLE, scène conventionnée d’intérêt national – La Saison Jeune Public.

Tout public à partir de 11 ans