L'homme de boue

On peut être fier de la civilisation!

Comment continuer à vivre quand l’horreur devient le quotidien ? Comment supporter les terribles visions du champ de bataille ? Et bien, on s’enivre ! Pour oublier. Pour s’échapper même. Et l’alcool, les femmes et le tabac semblent être le remède tout trouvé pour accompagner le Poilu dans ces instants imaginaires de réconfort et de courage. Allez, venez partager le « pinard » avec nous ! Venez chanter jusqu’à l’ivresse ! Allez, entrez dans la danse et surtout es- sayons ensemble d’aller jusqu’au bout, jusqu’au dernier souffle. Je suis un soldat parmi tant d’autres, je parle de leur voix à tous et je viens vous raconter leur histoire.

Composé de véritables lettres de Poilus, L’Homme de Boue nous entraîne dans le quotidien et l’intime d’un jeune homme parti pour la guerre, la fleur au fusil, et qui va en découvrir les méandres et les enjeux. Rendu vivant par la parole du comédien, le texte apparaît alors troublant de modernité et de poésie.

«On croit le soldat généreux, isolé, oublieux de ses anciennes convoitises, bon et charitable. […] Les pauv’ gars! Y sont si malheureux ! Soyez bons soldats, c’est vraiment gagné à coup sûr. Il n’y a pas de plus beau brevet : mauvaise tête mais bon soldat : magnifique! Salaud mais bon soldat : admirable ! » « Chaque putain de guerre représente les mille douleurs de celui qui la porte, mille morts de ceux que le combat a fauchés, et les mille jouissances des ventres et des bas ventres de l’arrière. Voilà ce qu’elle crie cette putain de guerre […] » « La Terre est une boue. Le soldat est le premier homme, celui que Dieu façonna dans la boue. Dans sa capote de boue, les jambes jusqu’au tibias dans la boue, sous un ciel de boue. Il monte la garde dans la boue. Puis, à la relève, il se couche sur un lit de boue. Le poilu est un homme de boue.»

Collectif Les Renards Volants

Adaptation libre de lettres de poilus
mise en scène Océane Pivoteau
avec en alternance Mikaël Teyssié et Océane Pivoteau

création vidéo Mathieu Delacourt

avec le soutien du Souvenir Français et de l’ONAVC-VG