Le Chant de la Carpe
Ma gaie racine buccale

Comment V’ivre au m’onde…

En 1994, Ghérasim Luca se jette dans la Seine, considérant, au vu de la montée de l’extrême droite en France, qu’il n’y a plus de place dans la société pour les poètes.

Aujourd’hui, en 2021, les idées d’extrême droite sont incorporées à la société et aux pratiques de l’État… Que faire ? Devenons-nous nous suicider aussi ?

Nous pouvons, au contraire, nous jeter SUR la scène pour créer davantage d’actes de résistance artistique, mais ce faisant, faisons-nous autre chose qu’entretenir le système ?

Quoi faire des souffrances du peuple ? Quoi faire de nos sentiments d’humiliation, d’injustice ?

Quoi faire de la prostration dans laquelle tend à nous plonger la violence ultra-libérale qui nous gouverne ?

Qu’advient-il du désir créatif du peuple lorsqu’il est altéré par le ressentiment ?

Comment Ghérasim Luca lui-même a-t-il fait dans sa jeunesse avec ses propres émotions face aux oppressions historiques qu’il a connues successivement – le nazisme puis le stalinisme ?

En vertu de ce que “La lettre c’est l’être”, la poésie de Ghérasim Luca n’est pas là pour divertir le monde mais pour le changer, et faire, littéralement, ce qu’elle dit.

Elle nous rejoint dans nos corps où foisonnement les réalités singulières et infiniment variées qui nous constituent. L’expérience est vraie, riche, voluptueuse, fine, légère, intelligente et joyeuse…

Quant à la musique de Guigou Chenevier, elle ne sera là pour adoucir les meurtres.

Car il y a bien lieu d’en commettre sur la sinistre et violente “poésie” du pouvoir…

d’après l’oeuvre de Ghérasim Luca
Mise en scène Stéphane Keruel
Création musicale Guigou Chenevier
Avec Stéphane Keruel
          Guigou Chenevier
 

Une création du Chant de la Carpe