le 28 janvier à 20h et le 2 février à 15h
Fest'hiver

Le Fest’hiver est un festival de théâtre hivernal, comme son nom l’indique. Cinq théâtres permanents de la ville : Théâtre du Balcon,Théâtre du Chêne Noir, Théâtre du Chien Qui Fume,Théâtre des Halles, Théâtre des Carmes et le Transversal programment des spectacles de jeunes compagnies de la région, exprimant toute la richesse, l’inventivité, la pertinence du territoire..

Entre chien et loup, instant particulier, parenthèse entre nuit et jour où le temps est suspendu et tous les possibles imaginables. L’espace-temps du spectacle est le parallèle de ces instants suspendus. Tout peut être inventé. Les codes se chamboulent pour créer un nouvel ordre du monde le temps de l’instant théâtral.

« Entre chien et loup, moment de la journée lors duquel l’Homme ne peut distinguer le chien du loup, le domestique du sauvage. » Définition Larousse

Ce moment est dans l’hiver du Grand Nord le plus long de la journée, le soleil n’apparaissant à l’horizon que brièvement avant de disparaître de nouveau pour une longue nuit.

Avec une écriture sobre et brutale, London croque la domestication et les rapports de violence dans le Grand Nord, le Wild. Les images évoquées par ce roman sont tantôt lumineuses et éclatantes tantôt sombres et glauques ; mais elles sont toujours inquiétantes. Le danger rode toujours et les personnages sont en permanence à l’affût, dans une tension des sens. (Comme un comédien l’est au plateau, à l’écoute et prêt à réagir à toute éventualité. C’est l’instant où l’on est préparé à tout). J’envisage le plateau de théâtre comme un lieu aussi dangereux et sur lequel les acteurs sont en permanente vigilance, tension et attention, ils dessinent leurs mouvements et actions avec précaution et précision, comme l’animal sauvage des forêts du Wild.

Par un regard croisé de ces deux romans, ce spectacle proposera un instant, une plongée dans cet univers glacial et sauvage. Une réflexion autour des rapports de domination et de la violence qu’ils installent. Un portrait du rapport que l’humanité a au monde et le monde à l’humanité. Ces histoires parallèles et complémentaires se répondent et forment ensemble un regard plus complet et complexe de la violence instaurée par l’Homme ou nécessaire à la vie. Ces romans dialoguent entre eux comme le loup et le chien de La Fontaine, confrontant leurs idées et leurs nécessités. Mettre sur un plateau ces deux regards, c’est pour moi l’occasion de défendre les nécessités de chacun et de comprendre mieux l’enjeu de la quête de liberté ou du renoncement à elle ; et donc un questionnement autour de la servitude volontaire.

D’après Jack London
Mise en scène Charlotte Micheneau Woehling
Avec Florian Martinet
          Charlotte Micheneau Woehling
Création lumière Célina Ballestra
Création son Marin Laurens

La presse en parle

ZIBELINE …  La lumière indécise laisse émerger les formes, les sons, les mots, leur accorde un relief nouveau. Le silence s’ourle des mouvements des tempêtes, météorologiques ou intérieures, laisse entendre l’infime qui suggère les immensités désolées, ou fait vivre la folie violente des hommes, qui semble émaner du caractère implacable de la nature, grâce aux créations sonores.

OUVERT AUX PUBLICS Ce sont les mêmes histoires, mais à l’envers. Croc-Blanc est l’histoire d’un loup né dans le « wild » , qui se fait récupéré et dressé pour finir comme chien domestique dans la vallée de San Francisco. Dans L’appel de la forêt, Bug, le chien domestique qui vit dans la vallée de San Francisco, est récupéré par des humains durant la ruée vers l’or, devient chien de traineau, mais reprendra sa liberté et sera le chien sauvage du « wild ».  
Loin de moi l’idée de porter des jugements, à travers ce spectacle, sur l’asservissement volontaire ou sur l’envie de liberté totale qui peut mener à l’anarchie. Ces paroles sont celles d’animaux dites à l’humain.